Une vie, des histoires…

Je suis née en Grèce, en plein baby-boom.
Fin 1956, mon père quitte le village pour trouver la fortune en Belgique, dans les Charbonnages du Centre de Charleroi, au puits Saint-Quentin. Ma mère s’est empressée de le rejoindre, enfants et valises sous le bras. En juin 57, nous gambadons dans les verts bocages du Pays Noir.
Je me révèle être une piètre élève alors que mon grand frère semble brillant. C’est la fierté de notre génitrice, femme autoritaire à la main leste et à la voix puissante. Le papa nous raconte peu de choses de la mine, mais aux fêtes de la Sainte-Barbe, nous découvrons sa tête charbonneuse, ses dents blanches et son travail de forçat.
En 1962, nous montons à Bruxelles. Je rentre, la queue entre les jambes, à l’école primaire Oscar Bossaert à Koekelberg. Heureusement, l’institutrice est un ange gardien déguisé qui relève mon niveau d’instruction du zéro pointé vers des notes beaucoup plus appréciables. Je peux ainsi entrer au lycée au lieu de devenir coiffeuse ou couturière, le rêve caché de mon père au grand dam de sa chère épouse, féministe dans l’âme. À 16 ans, en parallèle aux humanités secondaires, je m’inscris aux cours du soir en architecture d’intérieur. Les deux parcours réussis, je me marie dans la foulée avec un beau militaire.
Les années passent. Je n’aime plus ce monde du travail axé sur le profit. Aussi je renoue avec les études à 48 ans et aboutis en formatrice/ coach en communication et développement personnel. L’Atelier de Fée Brownie voit le jour même si la retraite a sonné. C’est sans compter avec la pandémie Covid 19 qui bouleverse mes plans. Je reprends alors la rédaction de ces mémoires qui dormaient doucement au fond d’un tiroir. Je les avais commencées depuis plusieurs années afin de laisser à mes enfants quelques traces de leur passé. L’autodérision et l’humour guident ma plume et allègent quelque peu cette narration parfois teintée d’une légère tristesse. De plus, passionnée d’Histoire, j’ai essayé d’agrémenter le récit d’événements emblématiques pour réaliser un album photos jalonné d’anecdotes pittoresques.
Après trois tomes, j’estime en avoir raconté assez, mais prise par la fièvre de l’écriture, je me tourne vers d’autres thèmes et de nouveaux sujets. La suite, c’est vous qui la composerez.