TRILOGIE « Il était une fois une Phie » chronique biographique
Il était une fois une Phie
Tome 1 – 1953 – 1962

La petite Phie nous raconte les déboires de sa patrie : la Grande Catastrophe de Smyrne de 1922, la famine orchestrée par l’Allemagne Nazie, la guerre civile qui anéantit une large partie de la population, les importants tremblements de terre de 1953, année de sa naissance… La diaspora qui en résulte est tout aussi politique qu’économique.
Pendant ce temps-là, en Belgique, la bataille du charbon fait rage. La tragédie du Bois du Cazier donne à réfléchir et l’Italie arrête de sacrifier ses jeunes gens vendus pour un sac de charbon. Le ministre Van Acker envoie ses recruteurs dans les quatre coins de l’Europe pour dégoter de la main-d’œuvre minière. Le père Tsassis, contrat en poche, gagne les Charbonnages du Centre de Charleroi en 1957. En juin, son épouse et ses deux enfants le rejoignent à l’ombre des terrils. La vie des Gueules noires, leur travail dans la fosse ou sur le carreau, les dangers journaliers font frémir les familles.
Le récit est gorgé d’anecdotes drôles, tristes ou savoureuses, de cultures différentes, de virées aux cinémas, de pique-niques le long des berges du canal, de fêtes patronales, d’expéditions à La Panne à moto et d’autres belles occasions de s’amuser pour oublier la poussière du charbon. Enfin, sur fond de mariage royal, on entend sourdre la Grève Générale contre la Loi Unique et la politique de fédération d’une Belgique chaotique.
Et Phie retrace avec ses yeux d’enfant timide son parcours avec une mère autoritaire, un père trop gentil et un frère ainé premier de classe, alors qu’elle reste au bord du chemin…
A suivre…
La métamorphose d’une Phie
Tome 2 – 1962-1966

La famille Tsassis s’installe dans un Molenbeek-Saint-Jean encore riche et industrialisé. L’Histoire de ce Petit Manchester est variée, truffée de contes et de légendes. Phie porte dans son maigre bagage une scolarité nulle, mais tout est sur le point de basculer ! À l’école primaire Oscar Bossaert de Koekelberg, elle rencontre un ange gardien déguisé, une institutrice qui la prend sous son aile. Quant à son frère, il reste le fort en thème qui parfait ses techniques de triche aux jeux pendant qu’elle pleure la mort du beau président Kennedy.
La mère prend Paul sous le bras part en Grèce et fait le tour de ses églises afin qu’un miracle se produise, en vain. En Belgique, un médecin exceptionnel, encore un ange gardien, l’accepte dans le centre qu’il a créé. La mère est alors embauchée aux Caisseries Jean Van Campenhout et le soir, se plonge dans la confection de tailleurs pour dames. Le père quitte la mine pour les Visseries Tréfileries Réunies. Déguisé en robot amianté, il n’échappera pas à l’accident.
Soudain, Nicolas tombe malade, ne quitte plus l’hôpital et oblige les parents à revoir leur mode de fonctionnement. La famille déménage dans un appartement plus proche du plancher des vaches, le père vend sa moto et achète une voiture. La petite Phie commence à sortir de sa torpeur, elle pousse comme une graine suave et s’éveille peu à peu aux douceurs de la vie.
Mais en Belgique, la révolte gronde…
A suivre…
L’envol d’une Phie
Tome 3 – 1966 -1973

La timide Phie entre au Lycée. C’est l’époque des mini-jupes interdites à l’école et des manteaux frôlant le sol, des cheveux longs et idées courtes. Ce sont les surboums où des garçons boutonneux dansent comme des balais, mais pas celui de Béjart qui rend les filles hystériques. C’est la drogue, importée des U.S.A., qui pénètre la vieille Europe ainsi que des hippies prônant la liberté totale, tout en filant à Katmandou en combi VW. … Peace and Love ! La prise du pouvoir par les Colonels en Grèce, la guerre des Six Jours et celle du Vietnam remplissent les organes de presse, les assassinats de Bob Kennedy et de Martin Luther King font pleurer dans les chaumières, enfin mai 68 et ses pavés parisiens lancés sur la tête des CRS restent à la une. En Belgique, pas de rose à l’horizon non plus.
Avec l’insouciance de la jeunesse, l’adolescente danse le twist et le rock en écoutant le King. Des yeux mâles se tournent enfin vers elle, mais encore très couarde, elle joue la fille de l’air. Elle se lance aussi un défi en s’inscrivant aux cours du soir de dessin d’architecture en parallèle à ses études. Elle parvient à gagner la partie alors que Nicolas consterne les parents par son attitude désinvolte.
Les années passent, Phie s’est fait de vraies amies, rédige son journal, dévore les livres, travaille d’arrache-pied, des ailes lui poussent.
Un soir de bal, un prince charmant se présente enfin, très amoureux…
Quelques extraits de la trilogie
Extrait page 94 – Il était une fois une Phie – Tome1
En 1945, 46.000 prisonniers de guerre allemands furent obligés de descendre dans les mines, ce qui leur permettait d’apprécier à leur juste valeur les charmes du travail obligatoire. Mais bien vite l’opinion publique aidant, ils furent libérés et retrouvèrent avec joie et satisfaction leur verte Forêt Noire, leur chalet bavarois et la frimousse accorte de leur blonde Fräulein tressée (…) Quelques 7.000 inciviques et collaborateurs condamnés vinrent également grossir le rang des mineurs. Ils n’étaient pas vraiment appréciés par leurs camarades qui tous les jours devaient côtoyer et travailler avec ces anciens « collabos ».

Extrait page 36 – La métamorphose d’une Phie –Tome 2
Des cartables en cuir épais avec des coutures bien visibles piquées par le cordonnier du coin. Ils devaient servir longtemps, toute la scolarité au minimum et plus si affinités. Nous n’étions pas riches, le matériel était coûteux, aussi avais-je hérité du cartable de mon frère. Il était bien assez grand pour y mettre la piètre quantité de ma science. Mon aîné avait le droit d’en recevoir un tout neuf, proportionnel aux ambitions de ma mère. A l’intérieur du cartable, un plumier en tissu garnis de crayons de couleurs, une gomme, un taille-crayon, un crayon noir, un porte-plume et une boîte contenant les différentes plumes, une petite latte, un rapporteur et… un stylo à encre. L’encre elle-même était dans un petit pot à part, fermé hermétiquement. Il y avait encore une espèce de cahier de brouillon, un mouchoir et c’est tout (…) Pas de 10 heures, ni biscuit, ni chocolat, ni boisson quelconque. Il était prévu de recevoir un berlingot de lait et un biscuit à l’heure de la récréation…

Extrait page 169-170 – L’envol d’une Phie – Tome 3
Grimper les ruelles escarpées pour découvrir enfin cette Acropole tant admirée…
Le Parthénon est imposant, les caryatides gracieuses et le marbre, sur lequel nous marchons, a gravé dans ses veines tous ces pieds qui l’ont foulé depuis des siècles. Mon émotion est réelle, je vois les toges et les robes immaculées frôler le sol, soulevant une légère poussière blanchie par les rayons solaires. C’est un retour aux sources poignant, un rappel de ce qui a été et n’est plus, la magnificence de cultures dont il reste quelques fragments et des souvenirs. (…) Un marchand ambulant nous propose quelques chaussons à la fêta que nous avalons avec appétit et nous nous rafraîchissons le gosier avec un verre de limonade glacée.
C’est un de ces rares moments que j’affectionne tellement et dont je me souviens si bien…
Nous promener à deux en bavardant comme de vieilles amies, sans qu’elle n’éprouve ce sempiternel besoin de m’engueuler ou de m’ordonner des corvées. Elle est différente, très proche de moi, complice presque, m’octroyant ce qui me met en joie, m’offrant cette ville qu’elle chérit tant. Et je la découvre belle et merveilleuse comme l’Acropole, décrite par celle qui n’a fait aucune étude et qui me raconte l’âge d’or d’Athènes. Je reste fascinée par cette nouvelle personne que j’ai devant moi.
C’est presque une vraie maman, mais elle ne me serre toujours pas dans ses bras, chose inutile et dérisoire…
Bonne Lecture !